Mon GR52 m’a rappelé une réalité que les statistiques nationales masquent facilement : couvrir la population et couvrir le territoire sont deux choses différentes. Pendant plusieurs jours dans le Parc du Mercantour, notamment autour de la Madone de Fenestre, mon smartphone est resté sans réseau.
Pourtant, le déploiement français continue. Au 31 mars 2026, l’Arcep recensait plus de 73 900 sites 5G en métropole et 4 239 sites en service dans le dispositif de couverture ciblée du New Deal mobile. 99,7 % des anciens sites du programme « zones blanches centres-bourgs » étaient par ailleurs équipés en 4G.
Mais la montagne pose un problème différent : relief, faible densité, coût des infrastructures et utilisateurs mobiles sur des itinéraires éloignés des villages. L’Arcep rappelle d’ailleurs que ses cartes restent issues de modélisations et ne constituent pas une garantie de service en chaque point. Elle enrichit désormais « Mon réseau mobile » avec des mesures issues du crowdsourcing afin de rapprocher davantage la cartographie de l’expérience réelle.
Les usages montagnards montrent aussi que le problème n’est plus uniquement la couverture. Une étude Ookla au printemps 2026 montre combien les pics de fréquentation des stations peuvent mettre les infrastructures mobiles sous pression.
Et c’est probablement là que le Direct-to-Device satellite devient intéressant. Aux États-Unis, le service Starlink/T-Mobile reste encore très peu utilisé globalement, mais son trafic se concentre justement dans les parcs nationaux. Autrement dit : l’un des premiers cas d’usage naturels du D2D pourrait être précisément celui où le terrestre atteint ses limites.
Pour les opérateurs, le GR52 pose donc une question stratégique : faut-il chercher à couvrir chaque sentier ou construire une continuité de service hybride terrestre + satellite ?
À mes yeux, la montagne constitue un excellent laboratoire pour cette nouvelle architecture réseau. Demain, le randonneur ne devrait plus se demander s’il dispose de 4G, 5G ou satellite : son smartphone devrait simplement rester joignable lorsque cela devient nécessaire à lui de choisir.
PS > Les photos parfois spectaculaires partagées sur les réseaux sociaux attirent toujours plus de visiteurs en montagne. Les territoires traversés par un GR doivent désormais anticiper cette fréquentation et mieux protéger ces espaces fragiles.